Activités
Le maraîchage
Vingt légumes nommés sur le certificat biologique, cultivés dans l'ancien enclos monastique.
Le certificat biologique porte deux lignes distinctes pour cette activité. L'une indique maraîchage diversifié comme système de production ; l'autre nomme les légumes un par un, au nombre de vingt. Cette distinction compte. C'est la différence entre une ferme qui cultive une culture et une ferme qui conduit un jardin — une rotation de nombreuses espèces sur la même terre, où la succession est la méthode.
Les vingt légumes du certificat
Voici les noms tels qu'ECOCERT les a enregistrés, regroupés selon la façon dont ils sont réellement conduits ici.
Légumes-fruits
- Tomate
- Aubergine
- Poivron
- Piment
- Concombre
- Cornichon
Le bloc d'été. Tous sont plantés après le risque de gelée, et tous se disputent la même terre chaude, abritée et bien drainée — ce qui rend la rotation serrée.
Cucurbitacées
- Potimarron
- Potiron
- Courges
- Courgettes
Les courges gagnent leur place deux fois : elles produisent beaucoup, se conservent des mois sans froid, et leur feuillage étouffe les adventices sur une terre qui demanderait sinon des passages mécaniques répétés.
Racines et tubercules
- Pomme de terre
- Carotte
- Céleri
Feuilles et tiges
- Blettes
- Salades
- Poireau
- Choux
La moitié hivernale du jardin. Poireaux et choux se gardent en terre et se coupent au besoin, ce qui étale le travail et les ventes sur des mois où rien d'autre n'est prêt.
Légumineuses
- Haricot
- Fève
- Petit pois
Elles sont la charnière de la rotation : elles fixent leur propre azote et laissent la terre meilleure qu'elles ne l'ont trouvée, principe que la rotation des champs applique à plus grande échelle.
Le certificat porte également une ligne distincte de légumineuses, mélange de légumineuses, cultivée aux champs et non au jardin. Voir céréales et grandes cultures.
Pourquoi l'enclos compte
Le jardin se trouve dans l'enclos de l'abbaye. Si les jardins potagers monastiques étaient enfermés dans des murs, c'est pour des raisons qui n'ont pas changé : un mur arrête le vent, et le vent est ce qui dessèche un lit de semence, déchire une feuille de courgette et couche un plant de tomate tuteuré. Il absorbe aussi la chaleur du jour et la restitue la nuit, ce qui fait de sa face sud la dernière partie du jardin à prendre la gelée.
L'effet pratique est une saison plus longue aux deux extrémités et un microclimat mesurablement plus calme que les champs ouverts deux cents mètres plus loin. C'est la plus précieuse infrastructure héritée de la ferme, et elle a été bâtie au XVIIIe siècle.
L'enclos concentre aussi le travail. Planches, eau, outils et atelier de transformation sont à quelques minutes les uns des autres, ce qui, sur une petite exploitation, décide si une culture est récoltée au bon moment.
La conduite
Le maraîchage biologique n'a pas de technique unique qui remplacerait la chimie. Il a un ensemble d'habitudes qui, prises ensemble, la rendent inutile.
- La rotation avant tout. Aucune famille ne revient sur la même terre avant plusieurs saisons. C'est le moyen le moins coûteux de limiter les maladies, et l'un des rares qui agisse sur les pathogènes telluriques.
- Les légumineuses dans la séquence. Haricots et pois fournissent l'azote que les brassicacées et les légumes-feuilles prélèvent : la fertilité se construit dans la rotation plutôt qu'elle ne s'achète.
- Désherbage mécanique et manuel. Réalisé tôt, au stade fil blanc, où un seul passage fait ce que trois passages tardifs ne feront pas.
- Un sol couvert. Une terre nue dans un été de Tarn-et-Garonne perd vite son eau et sa structure. Paillage, engrais vert ou feuillage de courge la maintiennent à l'ombre.
- Le choix variétal plutôt que l'intervention. Lorsqu'une variété est connue pour résister à une maladie locale, elle est préférée à une variété plus productive qu'il faudra surveiller.
- L'observation. Sur vingt cultures dans un même enclos, parcourir les planches est un instrument de diagnostic. Ici, la plupart des décisions se prennent sur ce que l'on voit plutôt que sur un calendrier.
Au fil de la saison
| Période | En terre | En récolte |
|---|---|---|
| Février – avril | Semis sous abri ; pommes de terre, fèves, petits pois et carottes précoces | Poireaux, choux, blettes tenus depuis l'hiver |
| Mai – juin | Tomates, poivrons, aubergines, concombres et courges plantés après le risque de gelée | Salades, fèves, petits pois, carottes précoces |
| Juillet – septembre | L'irrigation devient tout le métier ; semis tardifs pour l'hiver | Le bloc d'été : tomates, courgettes, aubergines, poivrons, haricots, concombres |
| Octobre – décembre | Courges récoltées et ressuyées pour la conservation ; sol couvert | Courges, poireaux, choux, blettes, céleri, dernières racines |
L'eau est la contrainte qui gouverne ce calendrier. Juillet et août décident de l'année, et ils deviennent plus durs : la page eau et irrigation expose ce que la ferme fait à ce sujet.
Après la récolte
Un jardin diversifié produit des excédents par construction. Vingt cultures ne peuvent pas toutes être vendues en frais au moment où elles sont prêtes, et sur une petite exploitation la différence entre une bonne et une mauvaise année tient d'ordinaire moins à la récolte qu'à ce qu'il advient du surplus.
Les tomates arrivent en mur au mois d'août. Les courgettes se cueillent tous les deux jours, faute de quoi elles deviennent des courges à farcir. Les potirons, eux, sont patients : bien ressuyés, ils attendent février dans une réserve fraîche sans rien demander à personne. Lire correctement ces tempéraments, c'est l'essentiel du métier.
Ce qui voyage et se garde se vend en frais à la ferme. Ce qui ne le fait pas parcourt cinquante mètres jusqu'à l'atelier et en ressort en coulis, sauce, purée, tomates séchées ou plat en bocal — c'est ainsi qu'une quinzaine de courgettes devient quelque chose qui se mange en mars. Ce qui est vraiment passé retourne à la terre comme matière organique.
Les pertes après récolte en fruits et légumes frais s'établissent entre quinze et trente pour cent en Europe, et les feuilles et petits fruits sont les plus touchés. Ce chiffre explique pourquoi la ferme travaille la conservation naturelle après récolte comme un sujet de recherche et non comme une abstraction : c'est elle qui perd ces produits, et elle préférerait éviter.
Vingt cultures dans un même enclos
Une diversité de cette ampleur est rare, et c'est précisément ce qui rend le jardin utile aux essais de suivi des cultures, de détection des maladies, de pilotage de l'irrigation et de conservation après récolte.